Est-ce-t-elle ?
( serge
Ivanoff)Est-ce-t-elle ?
( serge
Ivanoff)Désespérément, j'essaye...
j'ai laissé mon portable allumé,
pour lui dire combien j'essaye
de répondre à sa volonté.
La dernière fois qu'il a appelé, je n'ai pas su lui parler.
Ma voix s'est alors détachée, pour ne pas être décodée,
j'entendais des sanglots dans sa voix,
je ne pouvais pas le rassurer.
j'étais épiée.
J'ai entendu ses larmes
je ne pouvais pas les sécher,
j'ai tenté de le rappeler,
une fois seule, libérée,
mais...
il n'a pas décroché,
ce fut alors à mes larmes de couler,
elles l'ont fait,
toute la nuit
désespérée, je ne me suis pas endormie,
j'ai attendue qu'elles sèchent,
mais...
elles ont inondé mon lit
mes premiers cris,
je les ai poussé au saut d'un lit
celui de la maternité
où ma mère a hurlé
d'autres cris se sont fait entendre...
d'un lit à barreaux
où
parfois des mots tendres
perçaient dans la nuit
non, ceux d'un bourreau
mais ceux de ma mère
souhaitant m'apprendre que de ce lit on ne s'enfuit guère!
un cri de jouissance
s'est fait entendre dans ce lit
un lit pour le plaisir
de celui qu'on oubli
disant adieu à l'enfance.
des cris de colère
sont nés dans un lit marquant la fin d'une vie amère
pour faire naître une autre vie.
des cris de douleurs
poussés au fond d'un lit
criant adieu à sa famille, ses amis
qui ont fait notre bonheur
pousserais-je d'autres cris de joies
franchissant la porte d'un paradis
ou aurais-je toujours froid
dans un lit fait de planche de bois?
"le cri muet" Armando Valcàrcel Guevara
Il ne me dit rien,
il me laisse devenir ce que je dois être,
il pourrait me manipuler, me poussait à faire ce qu'il souhaiterait,
mais...
il ne me dit rien,
il sait que je suis compliquée, prête à m'enfuir, sur un coup de tête, et revenir tête baissée,
il pourrait me gronder, me secouer,
mais...
il ne me dit rien,
il me connaît mieux que je me connais,
il me regarde évoluer, régresser, me tromper,
il pourrait me le reprocher
mais...
il ne me dit rien,
il m'aime,
enfin, je crois...
je ne sais pas...
de toute façon,
il ne me dira rien!
peinture:" les amants" Magritte
J'oublie qui je suis,
un instant, pour la vie...
je voulais être actrice, mais je ne suis que triste
de ne pouvoir jouer tous ces personnages imaginés
j'oublie qui je suis,
un instant, pour la vie...
je m'évade dans un monde imagé
où je suis celle qui sait se faire aimer
de l'amant qui a succombé
j'oublie qui je suis,
un instant, pour la vie...
(peinture :Arietti Fabienne, Les yeux fermés)
J'ai fermé les yeux...
je me suis envolée vers d'autres cieux
les bras qui m 'entouraient n'étaient pas ceux
de celui qui était là,
si près de moi
mon esprit a senti les mains de celui qui est en moi
du soir au matin
je n'ai pas ouvert mes yeux,
je voulaient rester avec celui qui parfume mes nuits
qui nourrit mes songes,
je ne voulais pas être là,
j'étais déjà là-bas...
( peinture: carravagio, l'inspiration de saint Mathieu)
Il est des jours où je n'écris plus,
des jours où les mots me fuient,
pas n'importe quel mots,
les beaux, les lisses, les "poétiques".
Je résiste...
j'attaque les petits,
ceux qui ne sont pas des maux,
ceux qui sont légers, sans risques...
je les écris pour les mettre en piste,
ces mots que l'on utilise , ainsi, dans la vie,
de ceux que l'on oubli,
juste après les avoir dit...
vous dîtes?
ils sont tout aussi précieux,
alors je vous les donne,
pour le plaisir des yeux ...
et,
pour me sentir mieux...
j'écris et...
la page reste d'une blancheur désespérante
j'ai crié
toute la journée dans la rue sur une marche lente
j'écris et ...
les mots s'envolent, sans laisser de traces
j'ai crié,
ma voix s'est mêlée à celle de cette foule multi race
j'écris et...
mes doigts souffrent sous la douleur du sens que je donne à mes mots
j'ai crié,
"regardez ce qu'ils font de l'avenir de nos mômes, battons nous , il le faut!!"
j'écris ce que j'ai crié pour qu'à jamais soit gravé sur cette page: "nous avons essayé!"
il ma fallut jeter d'un coup: "deuil"
il était devenu trop pesant,
chaque instant de ma vie en était ponctué
des petits, des moyens, des trop grands!!
mes proches me rassuraient en disant
t'inquiète, c'est la vie!!
mon œil oui!!!
je ne veux pas de cette vie tachetée de douleur,
je veux une vie remplie de bonheur...
je vais donc m'en débarrasser ...en un clin "deuil
Toujours devoir se justifier
au moindre mot
à la moindre pensée
mais quelle est donc cette société
qui nous demande constamment de nous expliquer?
mes mots , mes pensées sont aussi riches
que ceux du voisin d'à coter, même s'il n'est pas fréquentable,
même s'il triche!!!
ta pensée je la prends comme un cadeau durable
j'essaye de ne pas la juger
elle peut enrichir mes idées
et ceci même si tes propos sont insupportables
ils n'existent pas pour rien...
et je les écouterais même si je préfèrerais les donner en pâture aux chiens!!!
Elle est particulière
elle ne me laisse pas parler
elle est l'aînée!
elle me le rappelle à sa manière
je me suis effacée pour qu'elle puisse exister
je préférais me taire et la laisser parler
cette fois...
elle s'est montrée compréhensive
elle m'a écouté sans rien dire
elle a su rester attentive
elle a entendu les souffrances que je pouvais vivre
je suis restée sans voix
je l'ai regardé...pour une fois!
j'avais envie de la prendre dans mes bras,
elle a ressenti ce que je ne lui disais pas
elle me connait, je ne le savais pas
elle m'aime, je ne le pensais pas
je suis pour elle, elle est pour moi
je l'aime....elle l'a compris cette fois!!
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