Est-ce-t-elle ?
( serge
Ivanoff)Est-ce-t-elle ?
( serge
Ivanoff)un petit souvenir
est venu frapper à ma porte cette nuit
et me donne à nouveau l'envie d'écrire.
un petit souvenir
s'est glissé dans mon lit sans bruit
réveillant mes rêves endormis
un petit souvenir...
une main d'une tendresse infini
vient réveiller ce corps tout petit
un petit souvenir....
l'enfant doit avoir quatre ou cinq ans, ses yeux fatigués s'entrouvrent péniblement, elle aperçoit le sourire de son père. Puis, elle l'entend dire:
"aujourd'hui c'est le printemps, habilles toi vite, les fleurs nous attendent!"
Sans rechigner, elle laisse ses mains la guider pour vêtir une toute petite robe. Elle engloutit son petit déjeuner qu'il a amoureusement préparé. Et dans un élan de curiosité, sa voix résonne, questionne....
l'index de son père posé sur ses lèvres lui signifie que sa maman dort encore, qu'il ne faut pas la réveiller.
La petite fille grimpe dans la voiture, excitée à l'idée de découvrir enfin ce printemps dont son papa lui a tant parlé.
Après quelques minutes, ils s'arrêtent à l'orée d'un bois.
Le sourire n'a pas quitté les lèvres de son père, il est heureux, elle est fière. Elle prend sa main dans la sienne, et ils voyagent tous deux dans cette forêt aux mille lumières.
enfin, ils atteignent la clairière, où règne au soleil, coucous et primevères. Le papa se penche sur sa petite fille et lui dit:
"voilà le printemps ma chérie!!"
La petite fille à grandi , mon souvenir fuit à la naissance du jour, alors pour que jamais je ne l'oublie, je l'écris, pour le lire encore et toujours...
Une lueur dans la nuit
Une légère brise fait danser les fines branches du bouleau. La petite mine de mon crayon glisse sur les lignes de mon cahier, éclairé à la faible lueur d’une lampe de poche.
La nuit vient de se lever, laissant apparaître son ciel étoilé. Il ne fait pas froid, mon corps vêtu d’une fine robe d’été laisse la brise caresser mes jambes dévoilées.
C’est décidé ! ce soir, je dors à la belle étoile !
Il est tard, je perçois à peine les mots se former sous la pression de mon crayon de papier. Je fredonne un petit air, de ceux qui vous viennent à l’esprit sans raison, vous plongeant dans un monde de souvenirs où se côtoient de sages envolées de pensées et quelques actes polissons.
La silhouette du bouleau s’est fondue dans la nuit. Tout est noir à présent. Il y a encore quelques années, j’aurais été effrayée, mais mes peurs se sont effacées devant de tels attraits.
Petite, j’avais besoin des bras de mon père pour oser affronter cet espace infiniment petit, créé par une vue réduite à ne voir que la lumière.
Comme il était heureux mon père, ces soirs où il pouvait m’emmener fouler le sol de son pays chéri, juste pour écouter ces sons dans la nuit, sentir ces parfums nocturnes.
J’entends encore son rire résonner à chacun de mes sursauts. Ecoutes ! me disait il, regardes les étoiles, jamais le jour ne t’offrira ces merveilles. Tu ne dois pas avoir peur, la nuit peut être un merveilleux soleil.
Il se lançait alors dans la description des constellations. J e ne souhaitai pas retenir ce qu’il me disait, juste pour garder, à chaque fois, le plaisir de la première fois.
Aujourd’hui encore, j’aime l’entendre me raconter ces étoiles. Dans sa bouche, la grande Ourse devient une maman et la petite son enfant, embarquées dans des histoires fantastiques qu'il inventait à chaque fois.
Mais le temps passe et la vie le fuit, alors il me faut retenir ces jolis récits pour les transmettre à mon tour à mes tout petits , découvrant le monde comme je le fis.
Un rayon de soleil caresse mon visage , j’ouvre péniblement les yeux. Le bouleau domine toujours ce jardin sauvagement entretenu.
Puis, au cour de la journée, les nuages viennent couvrir le soleil, mais la chaleur est toujours la même, lourde et humide. J’entends gronder le ciel, l’orage approche. Je devrais courir, me cloîtrer dans cette maison rassurante, parce qu’elle est celle de mon enfance ; mais je reste là, les yeux rivés sur ces nuages, avançant à grande allure, fouettés par le vent de la colère.
Le bouleau résiste aux rafales, chasse de ses branches, aux feuilles fragiles, cet élément qui tente de se mesurer à la force de cet arbre dont nous ne comptons plus les années de résistances, de combats, contre ce vent affolé ou sage.
Le ciel s’est assombrit, j’ai peur, mais ma peur est enivrante. Le regard fixé sur cette masse s’approchant de moi, menaçante, je plonge à nouveau dans mes souvenirs d’enfance….
à suivre...
Suite de la lumière de la nuit, catégorie : mes histoires
Ce soir d’orage
Les orages sont fréquents au pays de mon père. Souvent, après une journée passée sous un soleil de plomb, ces tourmentes venaient secouer ce petit pays sans histoire entouré de ses montagnes que mon père aimait gravir chaque fois qu’il le pouvait.
Enfermés dans la maison familiale à l’approche de la tempête, il m’emmenait à l’étage aux moments les plus effrayants, ces instants où tonnerres et éclairs entraient dans une bataille de sons et lumières.
Mon père levait la persienne , que ma mère, prévenante, avait baissé à l’arrivée du danger. Il me demandait de m’approcher de la fenêtre pour regarder. Hésitante, je me postai entre lui et la vitre, maintenant fermement sa main dans la mienne. Nous ressentions la puissance du vent juste en observant l’arbre se débattre contre les éléments, y laissant quelques branches au passage.
Une nuit où la puissance des bourrasques fut beaucoup plus imposante, nous vîmes les racines de ce pêcher se détacher du sol, et l’arbre, s’envoler, attiré dans les filets d’un impressionnant tourbillon.
Lorsqu’il passa devant la fenêtre, mon père, dans un élan de recul, m’enveloppa de ses bras pour m’éloigner du danger . Serrée contre lui, je sentais les battements de son cœur, je crois qu’il avait peur, peut être était-ce la première fois. En reprenant ses esprits, il me regarda et éclata de rire. J’aimai le voir heureux, et mon rire accompagna le sien.
Il pleut à présent, quelques gouttes viennent brouiller les mots gribouillés de mon cahier. Il est temps de rentrer. Je cours pour aller m’abriter…. Pourquoi courrons nous lorsque le ciel déverse ses larmes ? Peut être est-ce pour ne pas voir sa tristesse, comme nous refusons de voir celle de nos pairs.
Abritée dans cette maison où il fait bien trop chaud, je regarde mon père, installé dans ce fauteuil. Il croque les photos qu’il a prise au gré de ses voyages, reproduit ces images qu’il avait déjà immortalisé pour les rendre sienne, pour que sa mémoire les absorbe , pour que ces images ne puissent plus jamais le quitter. J e ne le verrais pas les peindre, il ne me l’a jamais proposé, il préfère s’isoler.
La pluie a cessé, mon père me regarde, sourit, ne dit rien. Lui rendant son sourire, je m’en retourne vers ce jardin secret, là où je peux écrire en toute sérénité….
A suivre….
pour celles et ceux qui attendaient la suite de ma toute petite histoire...la voili la voilo.....
après la lumière de la nuit, ce soir d'orage, voici :
quel gâchis!
L'herbe, sous mes pieds est mouillée... je n'aime pas cette sensation!
je pars donc à la chasse aux souliers.
Une fois trouvés et mis aux pieds, je m'installe sur la terrasse, loin du bouleau, sous le noisetier. Il est bien garni cette année; comme le figuier! Mais je ne pourrai pas déguster leurs fruits car je ne serai plus là lorsqu'ils seront mûrs.
C'est bon les figues... mon père a planté cet arbre pour se souvenir de son pays; humer son parfum.
Lorsque nous arrivions à la demeure familiale, (lieu de nos vacances durant des années) nous n'avions pas encore débarrassé la voiture de ses bagages, que nous faisions déjà l'inventaire des figues présentes sur l'arbre. Tous deux sous le figuier, nous repérions les fruits les plus appétissants pour revenir les cueillir après le déballage de ces choses inutiles qui encombraient le coffre du véhicule.
Chaque année, nous nous faisions la même remarque: " ce figuier est bien trop haut!!!". Chaque année, je tentais de grimper dans l'arbre et récoltai chutes et bleus. Alors, nous allions chercher cette échelle instable que tous, nous regardions, sans jamais oser monter dessus. Seule solution, me hisser sur les épaules du personnage le plus haut de ma famille, à savoir mon oncle ; mais rien n'y faisait!! et à chaque fois nous devions supporter nos échecs en léchant nos babines sans jamais pouvoir succomber à la tentation.
Pour atteindre ces figues bien mûres , il fallait faire preuve de bien plus d'ingéniosité.
Un matin, alors que nous observions ces belles figues, mon grand père se présenta à nous, armé d'un drôle d'outil, qui ne ressemblait à aucun autre. Il avait assemblé plusieurs tubes cylindriques, des branches de bois , et , au bout de cette tige, il avait ajouté un gobelet en métal dont l'un des rebord avait été affûté. Mon père lui demanda alors ce que diable il comptait faire avec cet objet, et mon grand père, affichant un sourire fier lui répondit avec son bel accent: "pour couillire les figués". Sur le moment, mon père me regarda, interloqué. Puis , il afficha un sourire qui en disait long sur son envie d'essayer. IL saisit l'outil pour tenter d'attraper cette figue, qui, depuis quelques temps , nous narguait, resplendissante, au sommet de sa branche.
J'assistai alors à un numéro d'équilibriste des plus époustouflant. L' engin était lourd et bien trop long, et il ne répondait pas aux orientations que mon père désirait lui faire prendre. Il tanguait à droite , puis à gauche, perdait l'équilibre, tentait de se rattraper à cette longue tige qui ne lui jouait que de bien mauvais tours.
Fatigué , il me proposa d'essayer. Je saisis l'objet que j'eus un mal fou à soutenir. Il me lâcha des mains lorsque je vis mon père, pris d'un vertige, s'effondrer sur le sol. Paniquée, je me précipitai et en penchant la tête au dessus de lui, je le vis pouffer de rire . Cette figue ne fut jamais mangée par les hommes, elle fut picorée par un oiseau, se décomposa, pour finir lamentablement au sol dévorée par de féroces fourmis...
quel gâchis!
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