Est-ce-t-elle ?
( serge
Ivanoff)Est-ce-t-elle ?
( serge
Ivanoff)
Théâtre, mon ami,
ma bouffée d'oxygène,
j'aime emprunter l'élégance de tes tragédiennes.
Sur tes planches, je m'épanche, je donne la vie
aux personnages qu'un auteur a décrit
Théâtre, ma passion,
mon accessoire contre l'ennui,
un jour je suis soubrette, ingénue ou lisette,
que ce soit une comédie ou une tragédie,
je me sens revivre, quoi que j'interprète.
Théâtre, mon trésor,
ma petite boîte secrète,
tu habites mes mains, pénètres mes yeux éblouis,
jusqu'à ce que je devienne une marionnette
guidée par le fil de tes écrits
théâtre, mon confident,
mon si bel acte d'amour,
tu mets en scène les émotions,
dictées par une reine côté cour,
cherchant à fuir un trublion.
Théâtre mon amant,
mon petit cabotin,
tu lèves ton rideau sur ce mélodrame,
que j'ose déverser en alexandrin
si difficile à dire et que la moindre faute condamne.
Théâtre, mon beau voyage,
mon violon d'Ingres,
j'attends l'heure où je rends hommage
à ces personnages un peu dingues
s'exprimant au travers d'un étrange langage
Voulez vous bien , mon ami, sortir de ma chambre.
Mon mari va rentrer et risque de s'en prendre
à votre mine enjouée et à votre entre-jambe.
Je vous en prie, ami, que vos oreilles entendent
qu'il peut être très jaloux, au point de vous pendre!
Mais vous pleurez mon coeur, et tout votre être tremble.
Je vous croyez dur, mais vous êtes si tendre,
telle une gomme juste mâchée, crachée sans attendre
qu'elle durcisse, à nouveau, dans ma bouche dilettante.
A présent vous riez! que me vaut cette injure,
alors que j'essaie de vous sauver sans parjure?
Vous adorez l'image de la gomme mâchée?
Et vous vous empressez de mal l'interpréter!
Vraiment! vous me décevez, et vous mériteriez
que mon époux soit là pour, vite, vous corriger!
D'ailleurs, vous allez le connaître sans tarder,
il me semble entendre la porte d'entrée!
Mais pourquoi donc votre sourire vous a quitté?
Comment puis-je comprendre, vous êtes si compliqués?
Je vous laisse entre ses mains et son beau crochet.
Adieu mon ami, et passez une bonne journée....
Bientôt les planches...
Mon corps habité,
y déversera la présence
de celle que j'ai visité
tout au long de mes nuits blanches
pour qu'elle puisse exister,
prendre l'apparence
de la réalité.
Bientôt les planches...
j'ai osé explorer
cette godiche attachante,
pour qu'elle puisse exprimer
ses émotions touchantes.
enfin... je pourrai montrer
qu'elle n'est pas insignifiante.
Adieu les planches...
elle reprendra l'apparence
d'une lettre , d'un mot,
d'un auteur qui avance
en explorant les maux
de petits êtres en souffrance.
et ...
de nouveau je planche...
sur un autre ouvrage
une autre histoire
un autre personnage
un nouveau reflet dans mon miroir....
Je ne comprends pas ce que je dois jouer ...
Une allégorie ?
Une drôle de petite fée ?
Je dois me séparer de tous mes repères
Accepter qu’elle me guide dans son drôle d’univers
Il faut me bander les yeux
Mettre ma main au feu
Pénétrer son âme sans l’ombre d’un corps
envahir sa fantaisie sans aucun remord
mais elle me joue des tours
me traîne côté cour
alors que je suis si bien
lorsque je suis au jardin….
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